De Poissy à Brest en kayak

40 jours de mer en solitaire



Départ le 9 juillet 2017 de Poissy

Le désir, quel qu'il soit, et d'autant plus celui de partir sur l'océan, nait d'une multitudes d'héritages et de rêves mystérieux. Je pourrais citer les stages de voile de jeunesse de ma mère et de mon oncle dont ils parlent encore aujourd'hui, les films de mon oncle, les très bons moments en compagnie de mon ami Pierre avec qui j'ai partagé mes premières émotions en itinérant kayak,...


Je me rappelle du jour où, il y a plus de 15 ans maintenant, je faisais le montage vidéo du documentaire "Au pays où les montagnes naviguent" qui racontait comment Bruno Calle et Catherine Delormes avaient hiverné un an au Groenland sur leur voilier Nosy Bé dans le village de Saqqaq, au nord de la fabuleuse baie de Disco. J'ai passé quelques mois en leur compagnie et leur vision poétique de voyageurs et d'artistes m'a profondément marqué. C'est lorsque j'ai monté une séquence dans laquelle un jeune inuit accompagné d'un de ses amis va faire une promenade en kayak entre les Icebergs en chantant un chant traditionnel que je suis tombé amoureux de trois choses en même temps : du moyen de transport fabuleux qu'est le kayak de mer ( Michel Janssens a très bien joué son rôle de cupidon distillant à chaque visite pendant le montage son amour de la mer et en me racontant lors d'une soirée mémorable diapos et passion inébranlable à l'appuis son fascinant itinérant autour du Spitzberg... Si j'y vais un jour ce sera de sa faute !), du regard inspiré, poétique et passionné de Catherine et Bruno sur le voyage et la nature, et enfin du vent de liberté qui souffle dans l'esprit de chaque kayakiste qui prend la mer...


"Ceux qui vont sur mer, dans quelle catégorie les classez-vous ?". Le philosophe grec Anarchesis répondait à cette question en disant : "Il y a les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer." Il oubliait peut-être les rêveurs qui s'imprègnent de la phrase de Baudelaire : " Homme libre, toujours tu chériras la mer".


Autant prévenir ceux qui liront mes modestes lignes sur ce blog... les problématiques de batterie, de réseau et de douleurs aux mains rendent difficile la rédaction et la mise en ligne. Il y a des bugs qui mettent des textes à des endroits improbables impossibles à effacer... la mise en page est modifiée à chaque fois que j'ouvre le logiciel sur mon portable et soyons clair, je n'ai pas vraiment le temps de me relire et entre mon niveau d'orthographe, mes fautes d'inattention et le correcteur d'orthographe qui n'en fait qu'à sa tête, je ne promets pas un texte impeccable ! Ce modeste voyage est celui d'un kayakiste amateur à la recherche d'une certaine forme de liberté, de solitude et de la beauté de la mer et des magnifiques côtes françaises... je ne suis ni un aventurier, ni un grand sportif ni même un bon kayakiste. Ce défis est une aventure personnelle et plus un voyage intérieur qu'autre chose. Je n'ai que mon portable (que je ne sors quasiment jamais en mer car il n'est pas attaché) pour prendre quelques photos anecdotiques et écrire quelques lignes avant de m'endormir dans ma tente. Ce blog est essentiellement la réponse à une demande de ma famille et de quelques amis curieux de mon projet. Je voyage modestement, humblement, à mon rythme, et pour moi il s'agit plus d'avoir le désir de rejoindre Brest que d'y aller vraiment... Je voyage seul, sans assistance, conscient de mes limites physiques, techniques, mentales et temporelles... je terminerai ce pèlerinage estival dans la rade de Brest ou ailleurs... Bonne lecture !